Traduction

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Nous voilà maintenant au cœur du sujet !

Qu’est-ce que la traduction ? La réponse à cette question est moins évidente qu’il n’y paraît et, en bon traducteur, je voudrais ici m’en remettre aux dictionnaires. Selon le TLFI, la traduction, c’est le « Fait de transposer un texte d’une langue dans une autre ».

Le Grand Robert propose quelques citations particulièrement pertinentes qui nous permettent d’aller plus loin :

1  (…) possédant à fond la langue anglaise, il débuta par des traductions d’Edgar Poe, traductions tellement excellentes qu'elles semblent des œuvres originales et que la pensée de l'auteur gagne à passer d'un idiome dans l'autre.

Th. Gautier, Portraits contemporains, « Baudelaire ».


2  Un des plaisirs favoris de Tytler (…) consiste à instituer une comparaison entre deux traductions, anglaises ou françaises, d'un même texte (…) De tout cela une doctrine assez ferme se dégage (…) la bonne traduction est définie : « une parfaite transfusion du sens de l'original », de telle sorte que le style de la traduction soit « du même genre que le style de l'original », tout en ayant « toute l'aisance d'une composition originale ».

Valery Larbaud, Sous l'invocation de saint Jérôme, II, viii.


2.1  Il est surtout difficile de se comprendre sur notre globe où les langues dressent entre les œuvres des murailles infranchissables (…) La traduction ne se contente pas d'être un mariage. Elle doit être un mariage d'amour.

Cocteau, Journal d'un inconnu, p. 121.


3  Tout traducteur se réclame de la fidélité. Mais l'équivalent de la traduction à l'original ne résulte pas d'une simple équation linguistique. À vrai dire, il ne s'agit même pas d'un rapport à deux termes : original-traduction ou auteur-traducteur. La relation comporte trois termes : auteur-traducteur-lecteur. Et c'est ce dernier terme, le plus important, peut-être, qui est souvent négligé.

Edmond Cary, les Grands Traducteurs franç., p. 34.

 

Tout est dit (ou presque) !

Ces citations soulignent parfaitement ce qu’est ou, tout au moins, ce que devrait être la traduction au-delà de la simple transposition d’un texte d’une langue source à une langue cible.

  • Elle doit sembler être une œuvre originale, c’est-à-dire avoir été rédigée dans la langue d’origine.
  • Elle doit, cependant, respecter le style, en particulier le niveau de langue, de l’original.
  • Enfin, elle doit impérativement intégrer un troisième acteur : le lecteur, c’est-à-dire le public cible.


Afin d’atteindre ces trois objectifs, on estime, sauf exception, qu’un traducteur doit impérativement avoir la langue cible comme langue maternelle et que, de plus, il doit avoir une parfaite maîtrise non seulement de la langue source, mais également de la culture linguistique, sociale, économique, politique, etc., du groupe linguistique auquel la traduction est destinée, ce qui exige, en général, de vivre dans le pays ou la région concernés. Il est également essentiel que le traducteur dispose d’une excellente connaissance du domaine traité, acquise soit à l’occasion de son activité de traduction, soit au cours d’une vie professionnelle antérieure, ou même, dans certains cas, lors de sa formation.

Il convient toutefois de noter que même le meilleur traducteur du monde ne pourra pas restituer ce qui n’est pas présent dans le texte d’origine. Non seulement un traducteur n’est pas autorisé, sauf si le client le demande explicitement, à ajouter des informations de son cru qui ne seraient pas contenues dans le texte d’origine, mais, en général, un texte mal conçu ou mal écrit ne pourra produire qu’une traduction de qualité médiocre.

C’est pourquoi il est très fortement conseillé de relire le matériel de départ, non seulement pour valider le contenu informationnel du texte d’origine, mais également pour le compléter si nécessaire, voire pour réécrire ou modifier certains passages ambigus ou mal formulés. Une telle procédure permet d’économiser un temps considérable sur les allers-retours entre le traducteur et le client et de réaliser de sérieuses économies, par exemple en supprimant ce qu’il n’est pas utile de traduire soit parce qu’un contenu n’est pas pertinent — factuellement ou culturellement — pour le public cible, soit parce qu’il pourrait être avantageusement remplacé par un tableau ou par un graphique.

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